CAN 2025 : une décision contestée qui fragilise l’autorité arbitrale et le droit sportif - SENEGAL24NEWS
18 mars 2026

CAN 2025 : une décision contestée qui fragilise l’autorité arbitrale et le droit sportif

Champion coupe afrique des nations – sadio mane

La décision du jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) de sanctionner le Sénégal suscite une vive polémique et soulève de nombreuses interrogations juridiques. Pour plusieurs observateurs et spécialistes du droit du sport, retirer une victoire acquise sur le terrain apparaît difficilement justifiable au regard des principes fondamentaux qui régissent la compétition.

Au cœur du débat, le rôle de l’arbitre demeure central. En effet, selon les règles du football, l’arbitre est le seul maître du jeu. Or, dans cette affaire, aucune infraction liée à l’article 82 n’a été constatée officiellement durant la rencontre. Si tel avait été le cas, le match aurait été immédiatement arrêté et déclaré perdu par forfait. Au contraire, la rencontre a repris puis s’est terminée normalement, sous la supervision de l’arbitre, ce qui constitue un élément déterminant dans l’analyse juridique. 

Le deuxième point clé réside dans l’homologation du résultat. Le match a été joué jusqu’à son terme, validé sur le terrain et suivi de la remise du trophée au Sénégal. Dans le droit sportif, ce principe de stabilité des compétitions est fondamental : revenir sur un résultat après coup, sans élément nouveau majeur comme une fraude ou un dopage, reste extrêmement rare. 

Par ailleurs, le jury disciplinaire de la CAF avait initialement rejeté la thèse du forfait et validé la victoire sénégalaise, malgré des sanctions liées à des comportements jugés antisportifs.  Aucun fait nouveau n’est venu, depuis, justifier un revirement aussi radical de la décision, ce qui alimente les critiques d’une décision perçue comme politique plutôt que strictement juridique.

Enfin, cette situation pose un problème majeur de cohérence au sein même des instances de la CAF. Deux organes semblent interpréter les mêmes textes de manière différente, ce qui fragilise la crédibilité de l’institution. Dans ce contexte, un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) apparaît comme une étape probable. De nombreux observateurs estiment qu’une telle décision pourrait être annulée, au nom du respect du droit et du principe fondamental selon lequel le résultat du terrain doit primer.